Must See!: L’histoire économique récente résumée en un graphique

BrandoMilankovic Must See!: Lhistoire économique récente résumée en un graphique
Par Audrey Duperron sur Express.be

L’élite mondiale des 1% et la classe moyenne chinoise ont été les grands gagnants de la mondialisation ; d’un autre côté, la classe moyenne occidentale a été sacrifiée. C’est ce qui ressort d’une étude de l’économiste Branco Milanovic, intitulée « Global Income Inequality by the Numbers: In History and Now – An Overview », portant sur la croissance des revenus de la population entre 1988 et 2008 (au début de la crise financière).

Milanovic est économiste à la Banque mondiale et professeur d’économie à l’Université Johns Hopkins. Sur la base de son étude, il a dressé le graphique ci-dessus, qui a été commenté par James Plunkett, un analyste du think-tank Résolution Fondation, qui a recommandé l’élite mondiale réunie actuellement au Forum Economique Mondial de Davos d’en prendre connaissance.

Le graphique montre quel a été le rythme de croissance de chaque tranche de revenus (décomposée en centiles allant des classes de revenus les plus faibles aux plus élevées) au cours de cette période.

A gauche du graphique, on voit que les revenus les plus faibles ont connu une croissance quasi-nulle entre 1988 et 2008 ; à l’opposé, les classes de revenus les plus élevés ont connu une croissance de 60% au cours de la même époque. Les revenus situés entre les centiles 75 et 90 n’ont connu qu’une croissance très faible, inférieure à 10% : ce sont ceux de la classe moyenne du monde occidental.

Milanovic explique que l’on a assisté au plus vaste mouvement de refonte du revenu individuel depuis la révolution industrielle au cours de la période qui s’étend entre la chute du mur de Berlinet la récente crise économique. « Cette tendance a été alimentée par des taux de croissance élevés dans les anciens pays pauvres à forte population, comme la Chine, l’Indonésie et l’Inde, et d’un autre côté, par la stagnation, voire le déclin des revenus en Amérique latine et dans les anciens pays du bloc soviétiques et les couches les plus pauvres des pays industrialisés traditionnels », écrit-il. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans la population qui perçoit un revenu proche du revenu médian (avec une hausse de 80% pour le revenu médian lui-même, et 70% pour les revenus approchants), mais aussi dans le groupe des 1% les plus riches de la planète.

Les déclins relatifs de l’Afrique, des pays de l’ex-URSS et des autres pays de l’Europe de l’Est montrent que ces pays n’ont pas su s’ajuster à la mondialisation. Leur amélioration récente dans ce domaine n’est pas encore visible dans les données.

« La population du monde industrialisé qui est située dans la première moitié de l’échelle de distribution des revenus nationaux est clairement la principale victime de la mondialisation», souligne Milanovic. Les Allemands qui gagnent un revenu proche du revenu médian n’ont connu qu’une augmentation de revenu de 7% en termes réels sur les 20 années ; ceux des Etats-Unis, de seulement 26%. Pire, au Japon, cette classe de population a même subi une baisse de son revenu réel. L’économiste affirme que la croissance des revenus dans les pays tels que la Chine sera bientôt suivie par de nouvelles vagues de croissance des revenus dans d’autres populations, et plus tard dans d’autres pays émergents tels que l’Indonésie, le Nigéria de l’Inde.

Milanovic se demande si leur croissance à l’échelle mondiale, qui semble une évolution positive, n’est pas potentiellement déstabilisante pour pays riches pris individuellement.

Il évoque également les conséquences politiques de ce phénomène. La démocratie est souvent corrélée avec une importante classe moyenne dynamique. L’érosion de la classe moyenne dans les pays riches implique-t-elle donc qu’ils vont s’écarter de la démocratie pour se rapprocher d’une forme de ploutocratie? D’un autre côté, la Chine va-t-elle devenir plus démocratique en raison du grossissement de sa classe moyenne?

L’économiste se pose enfin la question des implications de ces mouvements sur la stabilité mondiale. La formation d’une classe moyenne mondiale, ou l’homogénéisation du groupe des 1%, sans distinction de leur pays d’origine, pourraient être positives pour la stabilité et l’interdépendance mondiales, mais socialement mauvaises pour les pays individuels, où les riches perdent de plus en plus le lien avec leurs concitoyens les moins fortunés, indique-t-il.

Source: Express.be

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